Les priorités de l'archevêque Léonard

Il était un peu plus de midi ce lundi lorsque le cardinal Danneels a annoncé le nom de son successeur. Un nom qui circulait déjà depuis quelques jours. Mais, il fallait pour que la nomination soit effective que l'annonce officielle ait lieu.

C'est donc chose faite. Cette annonce s'est déroulée sur fond sonore de crépitements de flashs !

«Vous allez rendre les archevêques aveugles !»,

dira non sans humour l'Abbé Eric de Beukelaer, porte-parole des évêques de Belgique.

C'est devant un parterre de photographes, de cameramen et de journalistes que l'annonce a eu lieu.

C'est devant un parterre de photographes, de cameramen et de journalistes que l'annonce a eu lieu.

Le cardinal tiendra à souhaiter la bienvenue à Monseigneur Léonard.

«Nous partageons tous les deux la même foi, le même souci pour l'Evangile et nous avons, tous les deux, le même amour pour l'église.» Le Cardinal dans un langage imagé aura ces mots plus spécialement destinés à ceux qui, depuis quelques jours, veulent opposer les deux hommes: l'un ouvert, l'autre qualifié de conservateur : «Ce n'est pas parce que le menu dans un restaurant est servi par d'autres garçons que le plat est changé»

Le Cardinal terminera son discours en disant combien il est reconnaissant à l'évêque de Namur d'avoir accepté cette charge et encouragera les hommes et les femmes de son archidiocèse à bien accueillir le nouvel archevêque.

Pour le nouvel archevêques, les interviews s'enchaînent en français comme en néerlandais

Pour le nouvel archevêques, les interviews s'enchaînent en français comme en néerlandais

Dans les priorités du nouvel archevêque

Avant de lever un coin du voile sur ce que sera son travail dans l'archevêché de Malines-Bruxelles, Mgr Léonard a demandé quelques secondes de silence, de recueillement pour les victimes du tremblement de terre à Haïti.

«N'attendez donc pas de moi en ce jour tout un programme de gouvernement, j'indique seulement quelques priorités :

  1. L'archidiocèse de Malines-Bruxelles comporte trois vicariats ayant chacun à sa tête un évêque auxiliaire. Or, actuellement, il ne comporte que deux évêques auxiliaires depuis la démission de Mgr Jan De Bie. Je devrai donc solliciter du Saint-Père le troisième évêque auxiliaire dont j'ai besoin.
    Cela va fournir de l'emploi !

  2. Malgré la lourdeur de la charge, je voudrais vivre ici, un peu comme je l'ai fait à Namur, la visite pastorale systématique du diocèse. Je tiens beaucoup à cette formule, qui invite un évêque à faire tous les 6 ans environ le tour de son diocèse et de rencontrer le maximum de collaborateurs et de diocésains, sur le terrain et de manière prolongée.
    Certes, je ne pourrai pas y consacrer 4 mois par an comme je l'ai fait dans les 5 premières années de mon épiscopat à Namur, quand j'étais encore jeune et beau.
    Peut-être commencerai-je durant la première année, par le vicariat de Bruxelles avec les quatre doyennés de la capitale, à raison de 10 jours consécutifs par doyenné.
    J'en parlerai avec les responsables pastoraux du vicariat. Je compte aborder ensuite, au rythme d'environ 5 doyennés par an, la visite pastorale du Brabant flamand et de Malines. De cette manière, je clôturerais, si Dieu le veut, la visite du diocèse par le Brabant wallon, proche de ma terre namuroise d'origine.

  3. La troisième priorité m'a été inspirée en lisant les textes et homélies publiés ces dernières semaines par mon prédécesseur, le Cardinal Danneels. J'ai été fort touché par l'accent qu'il a mis, d'abord, sur l'importance d'une liturgie soignée, fidèle à la grande tradition de l'Eglise, digne de Dieu et digne des hommes et femmes qui y participent. Ensuite, il a émis le souhait que notre Eglise soit toujours davantage une Eglise priante et adorante, invitant même explicitement à développer la pratique de l'adoration eucharistique.
    Cela rejoint, chez moi également, une préoccupation majeure. Avec mes frères évêques, prêtres et diacres, et en communion avec tout le peuple de Dieu, je voudrais m'engager résolument dans cette direction.

  4. En même temps que le Cardinal Dannels est un homme d'intériorité et de contemplation, il a développé, notamment à Bruxelles, toute une préoccupation sociale, spécialement en matière de logement. Je voudrais, du mieux que je pourrai, mettre mes pas dans les siens, en ce domaine comme en tant d'autres.

  5. Ensuite, vous seriez surpris si je ne disais rien du souci des vocations. De toutes les vocations. Tout d'abord de celle de tous les baptisés, qui sont, majoritairement, des laïcs. Leur mission, dans le monde tout d'abord, au sein de l'Eglise ensuite, est infiniment précieuse.
    Et l'engagement de tant de chrétiens, d'hommes et femmes, dans la société et dans nos paroisses et mouvements est une bénédiction. Mais nous avons aussi besoin d'hommes et de femmes consacrés en même tant que de prêtres et de diacres. Mes responsabilités dans la Conférence épiscopale auprès des séminaires, du diaconat permanent, de la vie consacrée et du Centre National des Vocations m'y ont rendu particulièrement sensible, autant que ma longue expérience de formateur, puis de Président de Séminaire, à Leuven d'abord, à Louvain-la-Neuve ensuite.
    Je n'ai évidemment pas de recettes pour susciter ou attirer les vocations à la vie consacrée ou au sacerdoce, mais je sais que le Seigneur veut nous en donner et je promets de faire tout ce que pourrai pour répondre à sa volonté.

  6. Enfin, pour disposer du temps nécessaire à la mise en oeuvre de ces priorités et aussi par souci de collégialité, je chercherai par divers moyens, à partager les responsabilités, suivant en cela l'exemple du Pape Benoït XVI, très soucieux de déléguer plusieurs de ses responsabilités, tant par souci d'économiser un temps qui lui est compté que pour éviter une médiatisation de sa fonction.»

Avant de rejoindre Namur, où à l'église Saint Jean, il participe à l'ouverture de la semaine de l'Unité, l'archevêque Léonard a répondu à des dizaines d'intervews. Et c'est loin d'être terminé

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